Décision finale de la COP27

La décision finale de la COP27 donne un signal fort pour les pays les plus vulnérables. Un fonds pour les pertes et préjudices est créé. C’est un grand pas en avant pour la justice climatique. Il manque malheureusement encore de nombreuses décisions importantes. Ainsi, la sortie des énergies fossiles n’a pas été obtenue alors qu’elle est nécessaire pour répondre réellement à l’urgence climatique.

Un Fonds pour les pertes et préjudices

C’est une avancée historique sur le dossier des pertes et préjudices: un fonds pour assister les victimes du réchauffement climatique a été établi à la COP 27.
Si les détails et les modalités de la mise en place de ce fonds restent encore à définir, le signal politique donné en Egypte est essentiel pour les pays les plus violemment frappés par les conséquences du changement climatique. Alors même qu’ils sont les moins responsables de celui-ci.

“L’établissement du fonds pour les pertes et préjudices était une des questions centrales à laquelle la COP devait répondre: celle de la solidarité internationale.  Nous sommes soulagés de constater que la solidarité internationale a encore sa place dans les négociations climatiques”, se réjouit le Président de la Coalition Climat Nicolas VAN NUFFEL.

L’occasion manquée de sortir des énergies fossiles

Malheureusement, en termes d'ambition climatique, le résultat est décevant.
La sortie des combustibles fossiles reste une fois de plus l’occasion manquée de cette COP. Il n'y a pas eu de progrès de ce côté. Et ce malgré le soutien de nombreux pays du Sud et du Nord. Ce qui est positif, cependant, c'est que les pays ont engagé des discussions pour travailler ensemble sur des solutions concrètes dans tous les secteurs pour les années à venir. 

"L'écart avec l'objectif de 1,5°C reste préoccupant. Chaque année compte, et cette COP n'a pas apporté l'élan attendu. Une coopération immédiate et à grande échelle est nécessaire pour lutter contre la crise climatique", insiste le Président de la Coalition Climat, Nicolas VAN NUFFEL.

Adaptation : quelques avancées mais les moyens restent insuffisants

En ce qui concerne l'Adaptation, on constate de légers progrès en matière de contenu et de processus. Elle est également devenue l'un des axes prioritaires des discussions sur l'agriculture. 

"L'inclusion de l'agroécologie, des petits agriculteurs et des petites agricultrices et d'une vision systémique des systèmes alimentaires est bienvenue, indique NICOLAS VAN NUFFEL. Cependant, en termes de financement, la COP27 n'a pas été à la hauteur. Il n’y a aucun plan concret pour honorer la promesse de doubler le financement de l'Adaptation d'ici 2025, qui était pourtant une demande clé du continent africain et indispensable pour s'adapter aux impacts climatiques déjà existants”.

Garantir les droits et la justice tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des négociations

Sentiments contradictoires autour de la question des droits humains.
La décision de la COP reconnaît, et c’est la première fois, le droit à un environnement “propre, sain et durable”. D’un autre côté, d’autres thématiques sont peu ou pas abordées comme celles des marchés de carbone ou en matière de justice de genre.
Le texte final affirme le droit des enfants et des jeunes à participer structurellement aux processus climatiques. Cela leur crée plus d’espace pour faire valoir leurs demandes. Ce qui manquait encore cruellement à cette COP27. Il est également positif que la COP27 ait décidé de travailler sur une transition juste dans les années à venir, même si la définition reste ambiguë. Elle est pourtant claire : elle doit impliquer l’autonomisation des travailleurs et des travailleuses, le respect des droits du travail, et la protection sociale universelle.