Faire collectif à Bruxelles , l’initiative citoyenne et l’expérience «CitizenDev» - La Green Cantine

La Green Cantine, où se rencontrent passion de la cuisine et destins de femmes.

En cette fin février 2020, alors que la neige tombe sans relâche sur Bruxelles, quatre femmes s'affairent dans une cuisine située sous les bureaux de la SLRB, autour d'énormes marmites, de grands bacs en inox et de Tupperwares débordant de légumes de toutes les couleurs.

Un groupe d'une cinquantaine de clients arrive dans une heure pour déguster un repas chaud concocté par leurs soins. Ce sera la pause lunch de leur journée d'étude. Le temps presse, pas question de les retarder dans leur planning serré !

Caroline, Laurence, Mariam, et Hélène ont évidemment pris de l'avance. Elles ont déjà une journée de courses et une journée de découpes et de précuisson derrière elles. Aujourd'hui, il faut parfaire la cuisson, préparer le buffet et assurer le service.  Rodées à la préparation de lunchs froids et de soupes, ou de repas chauds pour des plus petits groupes, c'est la première fois qu'elles s'attaquent à un repas chaud pour un si grand nombre. Et si la cuisine dont elles disposent a dû être par le passé professionnelle et bien équipée, elle semble à présent plutôt vétuste. Mais ce n'est pas cela qui va décourager les femmes de la Green Cantine.

Des obstacles, elles en ont vu d'autres, et d'une toute autre ampleur. Ce sont d'ailleurs leurs parcours de vie difficiles qui les ont rassemblées au sein de ce projet porteur d'espoir. Et même si elles rêvent secrètement d'une cuisine rénovée et plus fonctionnelle, nos héroïnes du jour font avec les moyens du bord, comme elles l'ont toujours fait. Leurs préparations doivent être prêtes à midi, elles le seront. 

Des produits d'ici, des saveurs d'ailleurs

Souriantes et les yeux malicieux, elles prennent manifestement plaisir à annoncer le menu qu'elles ont élaboré : du Pondutouille, du Yassatouille et des douceurs en dessert. Devant l'étonnement que ces noms provoquent, elles rient.

Le Pondu et le Yassa sont des recettes traditionnelles du Congo et du Sénégal, qu'elles ont bel-gi-sées, comme elles aiment à dire en forçant l'articulation. D'où le suffixe "touille", comme dans ratatouille. Et d'expliquer qu'elles ont voulu faire se rencontrer les saveurs de là-bas et les produits d'ici, afin de créer un lien entre leurs pays d'origine et leur terre d'accueil.

Arrivées en Belgique sans papier, Caroline, Laurence, Mariam, Hélène et les autres femmes de la Green Cantine ont décidé d'unir leurs forces autour de leur passion commune qu'est la cuisine, afin de trouver du soutien, un ancrage, mais aussi un moyen de gagner un peu d'argent. 
Elles espèrent voir ce projet se professionnaliser progressivement pour en faire leur emploi. Elles y travaillent d'arrache-pied.

Aujourd'hui, leur labeur porte ses fruits ; la fierté et la satisfaction se lisent dans leurs regards. Les convives s'émerveillent devant les légumes locaux et de saison savamment épicés, les pilons de poulet dorés à souhait et les découvertes culinaires comme les feuilles de manioc et le gâteau de noix de coco. 

C'est simple : les assiettes sont vides et les visages détendus, reconnaissants et enthousiastes. La Green Cantine, grâce à ses recettes d'ailleurs réalisées avec des produits d'ici, a séduit.  Et ne demande qu'à séduire encore. Un projet de livre de recettes est en cours, une rénovation complète de la cuisine devrait voir le jour, et les femmes de la Green Cantine sont déterminées à faire de cette initiative citoyenne un projet au long cours.

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