Mettre en place une rue scolaire : la collecte de données

A travers une série d’articles, le BRAL vous partage son expérience pour la mise en œuvre d’une rue scolaire. Astuces, étapes indispensables et timing : vous aurez tous les éléments en main pour mettre en place ce projet dans votre quartier. Ce planning est spécifique à un projet de rue scolaire mais peut évidemment être une inspiration pour tout autre projet co-créatif que vous souhaitez mettre en place près de chez vous !

Une rue scolaire ?

Quand l’école recommence, organiser une rue scolaire peut être une bonne idée pour améliorer la sécurité routière et la qualité de l'air et pour agrandir la convivialité à la porte d'une école. À l’heure d’entrée et de sortie des classes, une rue scolaire empêche temporairement la circulation des véhicules motorisés, vous ne pouvez emprunter la rue qu'à pied ou à vélo. Seuls les habitants de la rue et les services de secours et d'utilité publique sont permis de conduire.

Pour demander une rue scolaire, des parents, l’école-même ou les deux ensembles peuvent s’adresser au collège des Bourgmestre et Echevins, à l'attention de l'Echevin.e de la Mobilité. Bruxelles Mobilité donne plus d’informations, ainsi qu’une liste avec toutes les rues scolaires existantes des écoles bruxelloises. De toute façon, une phase de test fait objet du processus d’installer une rue scolaire.

Avant de se lancer dans un projet de mobilité, il est intéressant de récolter des données pour mieux comprendre les flux de trafic et les habitudes de déplacement des personnes touchées. Cette récolte peut avoir lieu de manière co-créative pour impliquer un maximum de personnes dès le début du projet et pour renforcer le tissu social.

Analyser les flux de trafic

À la fermeture (temporaire) d’une rue, on entend souvent la même crainte : le trafic va se déplacer vers les rues adjacentes et ce sont les résidents de ces rues qui devront pâtir de ce projet. Cependant, de nombreuses études ont pu démontrer que ce n’est pas le cas, grâce à ce qu’on appelle « l’évaporation du trafic ». Mais même si ce phénomène a été prouvé à de multiples reprises, il reste souvent flou et contre-intuitif pour nombreux d’entre nous.

C’est entre autres pour cette raison qu’une analyse des flux de trafic peut être intéressante. En récoltant des données avant et pendant la rue scolaire, vous pourrez montrer l’impact de la fermeture de la rue. De plus, ces données peuvent vous aider à mieux saisir quel type de trafic circule à chaque moment de la journée. Elles vous permettront d’adapter votre projet aux spécificités de votre quartier.

Pour récolter ces données, vous pouvez utiliser un Telraam : un petit capteur qui s’installe aux fenêtres et compte le nombre de voitures, vélos et piétons. Les données sont ensuite accessibles sur la plateforme de Telraam.net et accessibles à tous. (N’ayez pas peur : vous ne violez pas la vie privée des passants.) Plusieurs Telramen sont déjà installées à Bruxelles ! Si vous souhaitez en installer chez vous, vous pouvez commander des capteurs en ligne ou en emprunter au BRAL.

Vous pouvez également organiser des comptages manuels avec les membres de votre groupe. Pour faciliter le comptage, vous pouvez utiliser l’application CounterPoint. Si vous préférez utiliser du papier, vous pouvez télécharger le formulaire mis à votre disposition ci-dessous.

Si votre projet dispose d’un budget plus important, vous pouvez également introduire une demande auprès de VIAS, l’institut de la sécurité routière. Ils viendront installer des compteurs fixes et pourront vous rédiger un rapport des données.

Les habitudes de déplacement

Afin de comprendre si et comment la rue scolaire a une influence sur les habitudes de déplacement, il peut être intéressant d’organiser une courte enquête auprès des riverains, des élèves et du corps enseignant.

En organisant cette enquête avant et pendant la mise en place de la rue scolaire, vous pourrez non seulement analyser si la rue scolaire a changé les habitudes de déplacement, mais aussi si l’avis des personnes touchées a changé grâce au test. C’est aussi l’occasion de récolter des données par rapport à la mobilité du quartier en général.

Voici une liste de possibles questions à poser :

  • Le mode de déplacement principal : à pied, à vélo, en transport en commun, en voiture
  • Si le répondant est plus ou moins favorable au test d'une rue scolaire
  • Les éléments qui doivent primer lors de la mise en place d’une rue scolaire
    • La sécurité routière
    • La qualité d’air
    • Les nuisances sonores
    • L’accessibilité
    • L’interaction sociale
  • Les sentiments (sur une échelle, par exemple) par rapport à :
    • La sécurité routière
    • L’accessibilité du quartier avec le mode de déplacement principal du répondant
    • Le niveau de circulation

Nous vous conseillons d’envoyer cette enquête à un maximum de personnes quelques semaines avant le début du projet et de réitérer le questionnaire quelques semaines avant sa fin.

Les autres données à récolter

A côté de ces données de mobilité, il peut également être intéressant de se pencher sur d’autres thématiques comme la qualité d’air, les nuisances sonores ou la sécurité routière. Voici une liste des autres données que vous pouvez récolter :

  • Qualité d’air : via des Airbeams pour avoir une idée des tendances (en location au BRAL) ou en collaboration avec des initiatives citoyennes comme Chercheurs d’air, InfluencAir ou Luchtpijp, qui sont expertes en la matière.
  • Nuisances sonores : l’Airbeam peut également mesurer le niveau du bruit, et sinon, pourquoi ne pas contacter Bruxelles Environnement pour demander un soutien ?
  • Vitesse : pour avoir une idée de la vitesse du trafic, vous pouvez louer un radar mobile via No Need For Speed.
  • Sécurité routière et mobilité : interviewer quelques personnes en rue à différents moments de la journée permet d’avoir une idée du sentiment de sécurité des riverains mais aussi de récolter leurs idées pour améliorer votre projet.

La récolte en groupe

Comme vous le voyez, il y a pas mal de données à récolter quand on se lance dans un tel projet. Alors pourquoi ne pas transformer cela en un moment convivial ? Pour le projet LOOPER, par exemple, nous avons organisé des après-midi et soirées où les participants passaient d’un atelier à l’autre : 20 min de comptage de trafic, 20 min d’entretien avec les passants et 20 min de mesure de vitesse.

Ensuite, chacun partageait ses observations autour d’un café et discutait des possibles modifications à apporter au projet. Le meilleur moment de la journée !

Cet article vous donne-t-il envie de vous lancer ? Avez-vous encore des questions ? Au BRAL, nous sommes là pour vous donner un coup de main. N’hésitez pas à nous contacter !

Florence Lepoudre