NEO : les solutions au problème de mobilité n’existent pas !

Persbericht

Le gouvernement bruxellois tente pour la troisième fois de modifier le PRAS (plan régional d’affectation du sol) afin de créer un cadre légal pour le Mall of Europe, le projet de centre commercial de 72.000 m² au Heysel. Le dossier sera bientôt soumis à l’enquête publique. La Plateforme interrégionale pour une économie durable, le comité de quartier du Triangle Houba-Sobieski-Heysel et Laeken.brussels ont déjà examiné les solutions de mobilité qui sont proposées et aucune n’apparaît satisfaisante.

Les trois scénarios proposés par la Région ont tous la même issue : une augmentation conséquente du trafic routier. Il n’existe pas de solution durable et respectueuse du cadre de vie des habitants dans ce dossier. La faute à des investissements excessifs dans un centre commercial qui n’est pas seulement un aimant à voiture mais qui aura aussi un impact négatif majeur sur le secteur du commerce de détail et sur l’offre commerciale du centre-ville de Bruxelles. Les différentes organisations demandent cette modification du plan régional d’affectation du sol et d’ouvrir un large débat démocratique sur l’avenir du site du Heysel.

L’absence de solution de mobilité satisfaisante avait d’ailleurs été l’une des principales raisons pour lesquelles le Conseil d’État a rejeté les moutures précédentes du PRAS. Aujourd’hui, la Région semble convaincue d’avoir trouvé une solution et met tout en œuvre pour répondre aux exigences des promoteurs. Peu importe que cette solution implique de faire rouler chaque heure des milliers d’automobiles supplémentaires le long de l’Atomium et à travers le parc de Laeken. Ou bien, dans le scénario le moins hallucinant, devant les Palais des expositions, en un digne hommage aux années 50’ et au tout-à-la-voiture. Si trois scénarios de mobilité ont été étudiés par la Région, il est important de garder à l’esprit que le projet entraînera, dans tous les cas, plus de 4500 mouvements de voitures par heure aux heures de pointe.

Scénario 1 : L’idée est de créer une voie de liaison entre le parking C et l’avenue Impératrice Charlotte en passant sous la chaussée Romaine. Pour rappel, la raison d’être de cette voirie de liaison était initialement de faciliter l’accès logistique des activités qui se déroulent dans les Palais (par exemple, Batibouw qui a lui seul nécessite la circulation de plus 3500 véhicules pour son démantèlement) et non d’en faire une voie d’accès à un parking souterrain de 3200 places. Certes, la Flandre et Bruxelles semblent avoir enfin trouvé un accord sur la réalisation effective de cette voie de liaison mais comment pourra-t-elle absorber tout le trafic vers et depuis le parking sous le centre commercial ? Citons l’étude d’incidences lors de la demande de certificat d’urbanisme de 2018 : « Cette route augmentera le trafic à plus de 1 700 véhicules par heure. La pollution atmosphérique supplémentaire dans les zones résidentielles au nord (avenue des Magnolias) va augmenter considérablement (...) Il serait préférable d’éviter de faire passer les principales voies d’accès par des zones résidentielles ». Signalons qu’il y a aussi trois écoles et une crèche sur l’avenue des Magnolias et un joli parc créé récemment à côté de la future route de liaison.

Solution 1 dite « Voie de liaison avec tunnel » : Réaliser la voie de liaison reliant le parking C à l’avenue Impératrice Charlotte, passant en tunnel sous la chaussée Romaine.

Dès lors que l’on sait déjà que l’impact est trop important pour utiliser la route de liaison comme voie d’accès principale au parking, l’étude recommande d’utiliser l’A12 à cet effet.

C’est le scénario 2 : L’étude d’impact du certificat d’urbanisme suggérait que la majorité du trafic routier (hors poids lourds) soit traité par l’A12. Une solution qui avait précédemment suscité une large campagne d’opposition dans la région . Le scénario 2 vise à connecter l’A12 à l’avenue de Madrid puis à créer une boucle de circulation avenue de Madrid, Esplanade-Miramar, boulevard du Centenaire et avenue de l’Atomium le long du parc. Une route interdite aux voitures les week-ends et jours fériés et très fréquentée par les touristes. Nous ne connaissons pas les résultats de la nouvelle étude d’impact, mais selon la précédente, jusqu’à 3600 voitures par heure longeraient le parc et l’Atomium dans ce scénario. Est-ce souhaitable et crédible ?

Solution 2 dite « Connexion à la A12 » :

  • Organiser une boucle de circulation à sens unique sur les voiries suivantes : avenue de Madrid, Esplanade-Miramar, boulevard du Centenaire, avenue de l’Atomium ;
  • Augmenter la capacité de l’avenue Impératrice Charlotte en augmentant la largeur de la chaussée carrossable ;
  • Raccorder l’A12 à l’avenue de Madrid.

Dans le scénario 3, l’accent est mis sur « l’optimisation », comprendre l’élargissement, de l’infrastructure routière existante. Comme dans le scénario précédent, la capacité de l’avenue Impératrice Charlotte serait augmentée. C’est le scénario qui entraînerait les plus grands reports de circulation sur l’avenue Houba de Strooper et avec le plus de nuisances pour les habitants des quartiers aux alentours. Raison pour laquelle, c’est aussi le scénario qui est le plus difficile à tenir politiquement.

Solution 3 dite « Augmentation de la capacité des voiries existantes » :

  • Augmenter la capacité de l’avenue Impératrice Charlotte en augmentant la largeur de la chaussée carrossable ;
  • Compléter le réseau viaire par la finalisation de la voie de liaison en chantier qui aboutirait sur la chaussée Romaine.

Le scénario 1 d’un accès principal au site via la voirie de liaison serait privilégié par la Région, la liaison avec l’ l’A12 devenant « secondaire ». Avec pour conséquence, un flux automobile constant devant le cadre historique des Palais des expositions et un impact conséquent sur l’avenue des Magnolias. En réalité, quels que soient les scénarios choisis, il y aura un trafic supplémentaire sur l’avenue Houba de Strooper et un ballet éternel de voitures devant le cadre historique des Palais. Bref, en matière de mobilité, il n’existe pas de solution viable et durable !

Pour la Plateforme interrégionale pour une économie durable, le comité de quartier du Triangle Houba-Sobieski-Heysel et Laeken.brussels, il est inacceptable que tous ces efforts nuisibles aient pour seul objectif d’assurer l’accès à un complexe commercial de 72 000 m2. Est-ce que le contexte actuel nous invite à la réalisation d’un tel projet ? N’est-ce pas un suicide économique et environnemental, totalement à contre courant de la ville 5 minutes et des ambitions climatiques de la Région ? Le projet a été pensé, il y a plus de 10 ans ! Déjà à l’époque, les avis de nombre d’autorités étaient déjà accablants. Combien de temps va encore se poursuivre le carrousel des avis négatifs du Conseil d’État ? Nous appelons à rompre ce cercle vicieux et à abandonner cette révision du PRAS dont le seul objectif est de permettre un centre commercial déjà obsolète avant même sa naissance.

Au nom de la Plateforme interrégionale pour une économie durable, le comité de quartier du Triangle Houba-Sobieski-Heysel et Laeken.brussels

Contacts :

La Plateforme interrégionale pour une économie durable

  • IEB : Thyl Van Gyzegem, 0485/62 04 60
  • BRAL : Steyn Van Assche, 0498/13 25 86
  • BBL : Erik Grietens, 0474/40 63 94
  • ARAU : Jean-Michel Bleus 02/219 33 45
  • UNIZO: Danny Van Assche, directeur général et Elke Tielemans, directrice UNIZO Brabant flamand et Bruxelles. Contact de presse : Gerrit Budts 0479/73 28 93
  • CSC : Benoît Dassy 0498/51 89 15
  • UCM : Sophie Heuskin 0494/30 26 31

Le comité de quartier du Triangle Houba-Sobieski-Heysel

  • Jean-Charles Verhaege: 0473/ 91 12 30

Laeken.Brussels asbl

  • Marine Villance:  0472/38 44 59