Mettre en place un projet collectif de quartier : le réseau

A travers une série d’articles, le BRAL vous partage son expérience pour la mise en œuvre d’une rue scolaire. Astuces, étapes indispensables et timing : vous aurez tous les éléments en main pour mettre en place ce projet dans votre quartier. Ce planning est spécifique à un projet de rue scolaire mais peut évidemment être une inspiration pour tout autre projet co-créatif que vous souhaitez mettre en place près de chez vous !

Construire un réseau fort est la première étape primordiale pour assurer un projet positif. En rassemblant un maximum de personnes autour de ce projet, vous lui permettez d’évoluer dans un climat de confiance et d’échanges.

La temporalité des étapes sera fortement influencée par le stade de développement actuel de votre réseau. Si vous connaissez déjà tout le monde, ça ira plus vite. Sinon, il faudra compter un peu plus de temps !

2 à 3 mois avant l’introduction de la demande : discussions autour d’un café

Au début, pas besoin de beaucoup de frivolités. Commencez par rencontrer quelques personnes clés autour d’un café pour discuter ouvertement des thématiques du projet : mobilité, sécurité routière, déplacements quotidiens, etc. Préparez quelques questions pour apporter un peu de structure à la discussion si nécessaire. Terminez votre entrevue en demandant quel degré d’implication cette personne aimerait avoir dans le projet et comment elle souhaite être tenue au courant de la suite.

Après ces premières rencontres, vous pourrez mieux définir les alliés forts de votre projet, c’est-à-dire les personnes avec qui vous allez co-construire la rue scolaire. A côté de ce premier groupe, vous pourrez également déterminer les personnes à « simplement » tenir informées. Ces dernières devront être tenues au courant de l’avancement du projet, mais nécessiteront moins de communication active que le premier groupe.

Mais alors, qui faut-il absolument rencontrer ? Voici une liste des personnes « de base » avec qui nous vous conseillons d’aller boire un café. A vous d’y ajouter les personnes plus spécifiques à votre projet.

  • Résidents du quartier, soit sous forme du comité de quartier, soit individuellement
  • Parents de l’école, via le comité de parents et/ou à la sortie de l’école pour une discussion en face à face
  • L’équipe de l’école : directeurs, enseignants, etc.
  • La commune, via l’échevinat de la mobilité en premier lieu
  • Les commerçants

1 à 2 mois avant l’introduction de la demande : première rencontre collective

Maintenant, il s’agit de créer ce réseau. Pour cela, un rassemblement de tous les alliés lors d’un atelier convivial est le plus efficace. Inviter chacun.e lors d’un petit drink afin de penser aux premières étapes du projet et se projeter vers un objectif final. Laissez aussi de la place pour des discussions informelles et des échanges « humains ». Commencez, par exemple, avec l’exercice du porte-clés : chaque participant explique la petite histoire derrière un des objets pendus à ses clefs.

Lors de cette première rencontre, l’objectif est de placer quelques balises pour le projet : quel est l’objectif principal, quels sont les éventuels sous-objectifs, quels sont les jalons temporels, qui fait partie ou devrait faire partie du réseau. Vous trouverez énormément d’inspiration pour organiser ce premier workshop (et les suivants, d’ailleurs) sur ces plateformes:

  • Looper Toolbox, un projet cocréatif auquel le BRAL a participé et qui regroupe certains des sites mentionnés ci-dessous : https://looperproject.eu/tools/
  • HyperIsland, où vous pouvez trier les activités selon l’objectif, le temps imparti et le nombre de personnes: https://toolbox.hyperisland.com/
  • Le collective action toolkit, où vous pourrez trouver des activités en fonction de l’étape de votre projet

Durant les 1 à 2 mois avant l’introduction de la demande : rencontres thématiques

Grâce à ce premier atelier, vous pourrez définir d’autres moments d’échanges sur base des balises identifiées. Si vous pouvez donner un objectif général à chaque rencontre future, cela vous aidera à donner de la structure aux rencontres.

De plus, il permettra également aux membres du réseau de choisir de venir aux ateliers où ils se sentent appelés et pourront mettre en valeur leurs connaissances. De cette manière, vous éviterez de surexploiter le temps et l’énergie des participants. Cependant, il est important d’assurer un retour d’information à tous après chaque atelier.

Quelques thématiques :

  • Renforcer et développer le réseau
  • Mise en place et création d’un plan de communication
  • Collecte et analyse de données
  • Développer la collaboration avec les acteurs des pouvoirs publics
  • Rédaction et envoi du dossier

Ces étapes seront différentes par projet car le niveau d’implication des différents acteurs du quartier y joue un grand rôle. Si la relation avec les instances communales est aisée, par exemple, il ne faudra peut-être pas prévoir d’échange spécifique avec cet acteur. Dans le cas contraire, un atelier est sans doute nécessaire avant de se lancer.

Élément important : les objectifs personnels

Outre le planning général, l’idéal est que chacun.e ramène, à la fin de chaque atelier, un élément d’action concret à la maison, afin de donner envie de revenir à la prochaine rencontre avec un résultat à partager. Par exemple : contacter des connaissances du quartier pour les rallier au projet, rencontrer d’autres acteurs du quartier pour un échange (par exemple, des commerçants), écrire un mini compte-rendu de la rencontre, rédiger une communication pour le quartier, etc. Cette action devra venir de la personne elle-même, qui a la meilleure vue sur ses compétences et son temps disponible.

Ces quelques personnes clés vous suivront tout au long du processus, c’est donc important de les valoriser. Apprenez-en davantage sur eux, leurs envies et leurs points forts. C’est en se basant là-dessus que vous permettrez à chacun de se développer au mieux dans le projet et donnerez envie de rester jusqu’à la fin !

Et n’oubliez pas : une petite activité fun, en dehors du cadre du projet, peut avoir un énorme impact positif et renforcer les liens. L’appartenance à un groupe et le partage d’un objectif commun est non seulement source de motivation mais aussi un remède efficace contre le sentiment de solitude face aux grands défis de demain !

Florence Lepoudre