Super Terram, à la recherche du monde caché sous nos pieds

Photo 1: Placid Civic Monument, Claes Oldenburg, 1967
Photo 2: Earth interior, Athanasius Kircher, Mundus Subterraneus, 1665

Connaissez-vous l’âge de la terre sous vos pieds ? Quel fossile voudriez-vous laisser, plus tard ? Savez-vous qu’une grande part des terres à bxl ont été déplacées par l’humain ? Connaissez-vous Schaerbeek Formation ?

Bruxelles a récemment été le théâtre de recherches-actions en sciences citoyennes autour de l’air et de l’eau qui ont produit de nouvelles connaissances et fait avancer le débat politique. Maintenant, c'est la « terre » et toutes les dimensions qu’elle conglomère que nous voulons faire émerger dans le débat public. Le projet de recherche action Co-Create, démarré le 1ier novembre, est porté par le BRAL, l’ULB, 51N4E et l’université ETH Zurich. Nous l'avons baptisé Super Terram.

Le sol est une véritable partenaire dans la fabrication des espaces. Le sol a généré la vie sur terre à partir de l’eau et des activités microbiennes. Il est l’un des écosystèmes les plus complexes et l'un des habitats les plus diversifiés sur Terre.

Pourtant, le sol est souvent invisible. Le sol conglomère une multiplicité dimensions souvent troubles ou hors des radars - pollution, fertilité, activités microbiennes, crasse, archéologie, cycle de l’eau, imaginaire, organismes, infrastructures, matériau de construction, compaction, eau, écosystème souterrain, résilience, mémoires... Aujourd’hui, les humains déplacent plus de sédiments que tous les processus naturels réunis. Aujourd’hui, on construit et détruit, transforme et déplace des terres sans égards (et souvent sans même s’en rendre compte) lors de projets d’urbanisme. Peu de gens pourtant savent que la résilience de la ville passera par le sol.

Penser et agir avec les sols, c’est donc une occasion de tisser des relations, entre savoirs et acteurs cloisonnés. Et c’est ça le but du Super Terram.

La vallée de la Senne

Prenons la terre de la vallée de la Senne, avec ses marais et réseaux d’affluents : elle a fait l’objet de perturbations radicales (rail, industries, ...) donnant lieu à de nouvelles relations multi-spécifiques humaines et non-humaines étonnantes. Au Nord, la friche ferroviaire de Schaerbeek Formation est considérée par certains comme la plus grande zone vide ou « réserve foncière » de Bruxelles (PRDD) et est actuellement en cours d’achat par la Région.

Ce qu’elle peut représenter pour nous n’est guère interrogé. Sous les radars (sauf que le BRAL y a fait un tour à vélo en octobre 2021 😉 - voici le compte-rendu), elle est pourtant le lieu d’une série de fonctions vitales comme le port, la logistique ou encore l'industrie, ainsi que de richesses biologiques. Le site est en marge des habitants, dans tous les sens du terme, périphérique et invisible.

Super Terram

Sur la friche même, mais aussi sur des sites en amont et en aval, habités et plus accessibles, nous souhaitons amener des bruxellois.es à s’intéresser aux sols et à Schaerbeek Formation dans toute sa multiplicité. Avec des citoyen.nes, des scientifiques, des institutions, creuser pour donner de l'épaisseur aux débats et épaissir notre relation aux sols qui nous tiennent, trop souvent invisibilisés ou vus en deux dimensions.

Pour cela, nous nous donnons le temps de ce projet – un an et demi renouvelables, pour chercher et explorer avec divers acteurs et actrices Bruxellois.es au-delà des registres de mobilisation classiques en urbanisme, en ajoutant aux dimensions techniques (trop souvent illisibles ou inaccessibles) celles du rapport sensible aux sols et aux relations (plus qu')humaines qui en dépendent.

Envie de rejoindre l’expérience ? Contactez marie@bral.brussels.