BXL Plant II - Introduction

À travers des publications comme « Selfcity BXL », « Les Bruxellois mettent la main à la pâte » ou « Le site Josaphat, ça vous dit quelque chose ? », BRAL suit de très près et depuis des années les initiatives citoyennes qui contribuent à façonner Bruxelles. Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils adoptent une attitude d’ouverture à la collaboration avec ces mouvements issus de la société civile. Mais un certain nombre de services publics éprouvent déjà de grandes difficultés à travailler avec d’autres administrations, imaginez ce que cela peut donner avec ces drôles d’oiseaux que sont les collectifs de riverains. Tant que la coopération entre le public et le privé ne s’améliorera pas, interagir avec les autorités restera une gageure pour les citoyens. Le risque est en effet très grand que la partie soit interrompue à mi-parcours.

Après, la façon dont le gouvernement bruxellois planifie la ville a connu un véritable bouleversement en 2016. Les cartes de certaines institutions ont été redistribuées et l’administration qui a éclos après ce remaniement a été dotée de nouveaux outils de travail. L’objectif ? Concevoir des plans régionaux plus efficaces et les mettre en œuvre. Si, si, on allait enfin en finir avec cet éternel bras de fer entre des services qui travaillent les uns à côté des autres. Finie cette interminable procession de plans coûteux qui atterrissent dans un tiroir parce qu’une autre administration n’en a pas tenu compte dans l’octroi de permis.

Peu de Bruxellois se préoccupent de ces réformes administratives, mais leur importance pour la ville se révèle considérable. L’administration reste en première ligne lorsqu’il s’agit de prévoir des espaces verts et des logements abordables en suffisance ou d’améliorer l’infrastructure cycliste et les transports en commun. C’est pourquoi le BRAL a publié en 2016 « BXL Plant », dans lequel elle dresse la liste de toutes les réformes et promesses. Dans cet ouvrage, les directeurs de Perspective.brussels et de la Société d’aménagement urbain (SAU), qui à l’époque venaient de voir le jour, donnent quelques mots d’explication sur toutes ces réformes. Après deux ans d’échauffement, nous estimons que le moment est venu de procéder à une première évaluation[1]. Nous allons aussi étudier de très près leur principal nouveau jouet : les Plans d’aménagement directeurs, ou PAD. Nous braquons ensuite les projecteurs sur Urban.brussels, la toute nouvelle administration régionale chargée de l’urbanisme et du patrimoine.

Toutes ces réformes ont-elles bénéficié à la transparence et à l’ouverture ? Dans sa carte blanche, Kristiaan Borret, bouwmeester – maître architecte, donne un coup de semonce et nous livre un plaidoyer radical en faveur de plus d’ouverture et de débat.

“Bruxelles est vraiment une jungle d’acteurs de plans et de législations, il faut s’accrocher pour trouver son chemin. Paris, par exemple, est plus grand mais les choses y sont beaucoup plus simples : l’administration de l’urbanisme de tout Paris se concentre au sein d’un seul acteur, l’APUR.” (Collectif citoyen Green Connections dans un entretien avec BRAL)

Cette lasagne de nouvelles instances (régionales et communales) et d’instruments (contrats de quartier, contrats de rénovation urbaine, PAD, etc.) est-elle facile à digérer pour le Bruxellois ? Pour le découvrir, ne manquez pas de lire l’interview de Green Connections. Les membres de ce collectif citoyen ont frappé à presque toutes les portes pour poser des questions sur leur boulevard, le Poincaré, obtenant ainsi une meilleure idée des plans prévus. Efficace mais franchement épuisant.

Tandis que de nombreux projets traînent depuis des années, plusieurs administrations optent pour l’occupation temporaire de certains sites en attendant leur réaffectation définitive. Qu’en penser ? Devons-nous dire « Tant mieux, il y a toujours plus de personnes et d’initiatives qui apprécient cet aspect temporaire » ? Ou faut-il craindre qu’il y ait anguille sous roche, ou plutôt sous béton ? Petit bilan par notre reporter sur place.

Nous sommes un mouvement urbain qui se bat en faveur de Bruxelles et c’est à ce titre que nous tapons une deuxième fois sur le même clou. Notre ville mérite d’être correctement planifiée. C’est d’ailleurs indispensable si nous voulons devenir la ville dont nous rêvons : une ville dont les habitants peuvent se loger à un prix raisonnable, dans des endroits bien desservis par les transports en commun et équipés de pistes cyclables en bon état. Une ville qui prévoit de la place pour le logement bien sûr, mais aussi pour les activités de production et la nature. Pour la conclusion, notre choix s’est porté sur Bas Smets. Avec nous, il rêve de rendre au paysage, à l’eau et au sous-sol la place qu’ils méritent dans la planification bruxelloise.

Bonne lecture !

BRAL, automne 2018

 

[1] Indépendamment de cette question, les articles de BXL Plant 1 conservent toute leur pertinence.